Éric Ciotti a annoncé, dans une interview au Figaro, son départ des Républicains, marquant la fin d’un long bras de fer au sein du parti. L’ancien président du groupe LR appelle désormais à une « union des droites » à l’italienne, allant du centre-droit à l’extrême droite.
La décision d’Éric Ciotti intervient après l’annonce de la nouvelle composition du gouvernement de Michel Barnier, où plusieurs membres des LR, comme Bruno Retailleau, ont été intégrés. Pour Ciotti, cette configuration démontre une dilution des valeurs de droite au sein d’un gouvernement qu’il qualifie de « macroniste ». Il regrette l’absence de véritable opposition au président Emmanuel Macron et critique une dérive idéologique. « Ce gouvernement n’est pas un gouvernement de cohabitation, c’est un gouvernement Macron, avec quelques LR comme alibis », affirme-t-il.
La création de l’Union des droites (UDR)
Ne voulant pas rompre avec son engagement politique, Éric Ciotti a lancé fin août son propre parti, l’Union des droites pour la République (UDR), qui prône une alliance entre les différentes composantes de la droite, du centre-droit à l’extrême droite. Inspiré par le modèle italien de Matteo Salvini, Ciotti appelle les élus LR à rejoindre son mouvement pour « refonder une grande famille politique dans la clarté et l’indépendance ». Il assure avoir consulté à la fois Laurent Wauquiez et Marine Le Pen avant de prendre cette décision.
Le timing d’une rupture politique
Ce départ survient alors qu’une nouvelle bataille judiciaire se profilait entre Ciotti et Les Républicains. En juin dernier, le tribunal de Paris avait déclaré irrecevable une troisième tentative d’exclusion de Ciotti du parti, avec une nouvelle audience prévue pour octobre. En choisissant de quitter volontairement les LR, Ciotti met fin à cet affrontement légal, mais aussi à un chapitre tumultueux de sa carrière.
Vers une recomposition de la droite ?
L’annonce du départ d’Éric Ciotti ouvre la voie à une nouvelle recomposition au sein des Républicains. Le parti, déjà affaibli par des divisions internes, doit maintenant se choisir un nouveau président. Plusieurs figures de la droite sont pressenties pour prendre la tête du mouvement, mais le départ de Ciotti fragilise encore davantage les équilibres. Reste à voir si son initiative d’unir les droites réussira à rallier les élus et les électeurs désabusés.