On le nommait le Stéphanois à la Casquette

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Sur le site on aime lire les chroniques stéphanoises de Pierre Mazet, ces personnages du passé qui ont forgé le Saint-Etienne d’hier et d’aujourd’hui.

Il y a aussi une aventure née par hasard, qui a eu un cheminement étrange et au final assez vue…A l’époque c’est Marine GRAILLE, en 2013, qui pour un portrait d’été dans le journal l’ESSOR, avait fait le portrait d’un stéphanois qui dérangeait déjà, sans doute parce qu’ il n’avait rien a vendre, ni une place à quémander.

L’article de Marine Graille :

Une carrure plutôt costaude, un sourire franc et doux, ce Stéphanois est un personnage venu d’ailleurs. Enfin d’ailleurs… De Terrenoire plus précisément. Il y vit depuis son enfance. De ce quartier stéphanois, il a beaucoup de bons (voire de très bons) souvenirs. Petit, il était déjà un peu rêveur et se voyait à l’âge adulte être chanteur ou footballeur professionnel. Pour parvenir au but qu’il s’était fixé il intègre à l’époque du collège, la classe Sports études. Contre toute attente, cette période sera révèlera difficile pour le jeune garçon qui reconnaît aujourd’hui avoir eu « un peu de mal avec les études ». C’est cette même année que son rêve de footballeur professionnel s’est envolé.

A 14 ans, une anomalie cardiaque est détectée. Il se souvient alors très bien de l’annonce faite par le médecin. « Il m’a expliqué qu’il fallait absolument que je cesse le sport de haut niveau car sinon j’allais rester sur le terrain. J’ai tout de suite eu en tête l’image d’Omar Sahnoun (footballeur français des années 1980, décédé d’une crise cardiaque lors d’un entraînement, Ndlr). » Un coup de massue pour l’adolescent qui se voyait jouer aux côtés des meilleurs joueurs. « Techniquement, j’étais au dessus du lot, mais le corps n’a pas suivi. Le cœur a ses raisons, que voulez vous ! » Des regrets. il en a encore aujourd’hui de ne pas avoir pu entreprendre la carrière footballistique dont il rêvait. « C’est la vie ! »lâche t-il, fataliste. Cette expérience « classe foot », n’a pas pour autant été que synonyme d’échec. « Avoir pu intégrer ces études contre l’avis de ma famille à l’époque était déjà une grande victoire pour moi. »

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Ses rêves de sportif de haut niveau envolés, il doit imaginer sa vie sous un nouveau jour et entame alors un CAP comptabilité. Le jeune homme, tout juste majeur à l’époque, endosse alors le rôle du « comique » de la classe. « J’étais le roi de l’amusement. » Ce côté boute-en-train, s’explique très bien par le fait que Gilles ait été fils unique. « J’avais parfois un peu tendance à m’ennuyer à la maison, sans personne avec qui jouer. » Alors dès qu’il se retrouve en groupe, l’adolescent faisait l’animation. « Mes professeurs ont toujours garder une bonne image de moi malgré mon côté « clown ». » Gilles enchaîne les années et entame à 19 ans un BEP comptabilité à Saint-Chamond sans vraiment savoir où cela allait pouvoir le mener. Mais quelques mois après, une nouvelle expérience l’attendait. Le jeune homme, sur les conseils de son père, part pour l’armée et intègre les Chasseurs alpins à Gap. « L’école de la débrouille. » Gilles retrouve l’ambiance fraternelle qu’il avait tant aimée en Sports études.

Trophée Gym and Co 2013 Roschdy Zem – Photo JM Debut

Malgré « cette très bonne expérience » de l’armée, le Stéphanois se cherche encore et toujours. Un jour, après avoir remporté un jeu-concours, il se retrouve sur scène avec Hervé Vilard, dont il est un véritable fan. « J’ai un peu réalisé mon rêve ce jour-là. » C’est à cette occasion qu’il fait ses premiers pas à la radio sur les ondes de Memory FM, une radio associative stéphanoise. Une révélation. Le jeune homme se trouve enfin. « La tchatche, l’animation, la technique et mettre les chansons que j’aimais, tout cela m’a séduit. » Pendant 4 ans, il « s’éclate » dans sa nouvelle passion jusqu’à ce que la fréquence de Memory FM soit reprise par une radio nationale. La fin d’une ère. Retour à la case départ.

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Après avoir été pendant deux ans magasinier cariste chez Thuasne, et avoir été reconnu travailleur handicapé en raisons de problèmes liés à l’épaule, le jeune homme s’engage dans une nouvelle réorientation professionnelle et se dirige vers un BTS audiovisuel-son. Gilles multiplie les stages à RCF, Radio Dio et même RFO à Paris. « Je me suis très vite rendu compte que j’apprenais sur des machines qui avaient deux générations de retard. » Le Stéphanois préfère retourner sur ses terres ligériennes pour travailler pendant presque 10 ans chez Neyret. Mais comme Gilles le dit lui-même : « Je ne reste pas beaucoup en place ». Le métier est loin de le faire rêver. En 2009, il prend alors une décision radicale : il démissionne. Un choix qui peut paraître pour certains irréfléchi, pour d’autres inconscient. Peut-être. Mais un choix que le Stéphanois ne regrette pas même s’il reconnaît une « grosse erreur d’ego ».

Et puis « hasard de la vie », une boutade d’une connaissance associée à un défi lancé par le fils de Gilles font naître le Stéphanois à la casquette. « J’ai créé une page Facebook et au bout d’une semaine j’ai récolté 200 « j’aime ». » Son personnage se fait connaître peu à peu, et rapidement des petits commerçants de la Loire prennent contact avec lui. A chaque rencontre, il poste sur son blog une photo accompagnée d’un texte présentant le commerce. Le site Internet du Stéphanois enregistrerait alors une centaine de visites par jour. « Je crois que le succès m’est monté à la tête », confesse-t-il.

Foire exposition, salons… le personnage veut se faire voir et se faire connaître mais son projet est ambitieux sans moyen financier ni même relation. En somme, le Stéphanois fait connaître les commerçants et artisans locaux « sans toucher un centime ». Il rêve alors de pouvoir créer sa propre boutique en ligne où il pourrait vendre des produits à l’effigie du Stéphanois à la casquette. « Je suis persuadé qu’il y a quelque chose à gratter. » En attendant, il veut attirer l’attention en annonçant par exemple en avril, sa candidature aux élections municipales de 2014 à Saint-Etienne. « Au début c’était une simple blague et puis au fur et à mesure c’est devenu envisageable. Malheureusement très vite je me suis rendu compte que le budget ne me permettait pas de poursuivre. »

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L’avenir ? il ne semble pas trop y penser et préfère vivre au jour le jour « sans se prendre la tête ». Si l’aventure du Stéphanois à la casquette se révèle souvent être une sacrée galère qui lui a valu de nombreux sacrifices, il ne transparaît aucun regret. « J’ai pu rencontrer grâce à cette aventure des personnes extraordinaires. Humainement ça vaut le coup ! »

Marine Graille

EN MEMOIRE DE JEAN-MICHEL DEBUT

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